Quicumque

Quicumque vult salvus esse, ante omnia opus est ut teneat catholicam fidem
Quiconque veut être sauvé doit avant tout tenir la foi catholique
[Symbole de saint Athanase]

Ut filii lucis ambulate : fructus enim lucis est in omni bonitate et justitia et veritate
[saint Paul aux Ephésiens, V, 8-9]



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Au travail ! Formons des cercles d’étude

On ne répétera jamais assez que, comme le déplorait saint Pie X, « L’ignorance des choses divines est la principale cause de la crise actuelle et de la débilité des âmes » (Acerbo nimis, 15 avril 1905).

Depuis le saint Pape, les choses ne se sont pas améliorées… L’aggravation de l’ignorance est bien palpable en extension (de moins en moins de gens jouissent d’une connaissance au moins élémentaire de la doctrine catholique et de son champ d’application) mais elle plus inquiétante encore en compréhension : ceux qui savent savent de moins en moins, avec une fréquente illusion de comprendre.

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La multiplication des moyens de communication et l’accès facile à une énorme base de données où tout est placé sur le même plan, où l’habileté prend le pas sur le labeur, est un facteur aggravant, comme le diabète indolore qui détruit sans bruit.

Alexis Curvers faisait une observation d’une sagacité rare :

« Plus les moyens se perfectionnent, plus se dégradent les fins. Les manuscrits enluminés sont plus beaux que les livres du XVIe siècle, qui eux-mêmes, imprimés sur des presses à bras, sont infiniment plus beaux que tout ce que l’imprimerie mécanique a produit depuis, jusques et y compris nos livres de poche, tirés en cinq minutes à des centaines de milliers d’exemplaires.

« On a écrit proportionnellement plus de chefs-d’œuvre, et de plus grands, aux chandelles avec des plumes d’oie, qu’à la lumière électrique avec des stylos à bille.
« On voyageait plus intelligemment à pied qu’on ne fait en voiture, et par chemin de fer qu’en avion. De l’Odyssée d’Homère à l’Itinéraire de Chateaubriand, et des Voyages de Jules Verne à notre tourisme industriel, la perte est continue et sensible.
« Les cathédrales se construisaient à la main ; les buildings, à la machine. Et ainsi du reste. Dans tous les genres de création, plus les moyens se perfectionnent, plus se dégradent les fins.

« La faute n’en est pas aux moyens mais à l’homme, qui ne résiste pas à la tentation de médiocrité quand les progrès de la technique lui font illusion sur la difficulté de l’ouvrage. Comme on ne peut changer l’homme, le seul remède sera de lui ôter des mains les instruments de travail qu’il imagine capables de travailler à sa place. » Itinéraires n. 212, pp. 110-111 (avril 1977).

Il en est de même dans le domaine doctrinal. Qui butine sur l’internet croit tout comprendre et savoir ; qui domine (!) la technique du copier-coller passe pour un maître ; l’aplomb délivrera le parchemin de docteur.

Ce n’est pas là qu’est le remède au mal que saint Pie X a noté. Pas du tout.

Le remède, c’est le travail, et un travail sérieux : on ne peut rien sans y mettre de la peine, sans accomplir un vrai labeur personnel. Il ne s’agit pas de partir à la recherche d’un prêt-à-penser qui conduit de rêve en illusion, qui aboutit à la déception et au découragement.

Il s’agit d’étudier : de lire et méditer, de comprendre et de confronter, d’interroger son expérience et d’appliquer.

On n’y peut arriver seul. La nature humaine est sociale : nous avons un impérieux besoin d’hériter, de recevoir, d’apprendre, de collaborer. Le self made man est la mascotte de l’américanisme ; mais en matière de doctrine il est un danger public.
La doctrine catholique ne s’invente pas : elle est révélée par Dieu ; reçue dans la lumière de la foi ; infailliblement transmise par le Magistère de l’Église et appliquée par elle ; expliquée, illustrée, organisée, transmise par les maîtres de la théologie — ceux qui ont accès aux sources par la connaissance de la langue latine, ceux dont la science est sous-tendue par la philosophie scolastique.

Cette doctrine illumine et rend féconde l’expérience ; elle aiguise l’amour de la vérité ; elle oriente et adoucit le cœur ; elle invite à l’action vertueuse, selon la prudence dans la justice avec constance et persévérance ; elle nourrit la prière.

Le cercle d’étudel’amitié au service du vrai, comme le caractérisait Jean Ousset – est une excellent manière d’être encouragé et stimulé au travail, et d’entrer ainsi dans une sérieuse connaissance de la doctrine ; le maître y est un livre soigneusement choisi pour sa rectitude doctrinale, pour son intérêt, pour sa pertinence eu égard aux capacités et au devoir d’état des membres du cercle. En lui, chacun peut trouver sa place en éveillant et développant les dons reçus de Dieu, et en les mettant au service du bien commun.

C’est à la formation de ces cercles d’étude – familiaux, amicaux ou voisinaux – que je vous appelle : il y a urgence.

Nous sommes empoisonnés par la paresse ; nous sommes assiégés par les barbares ; les ennemis de Jésus-Christ et de la simple loi divine naturelle tiennent le haut du pavé ; la maison de la foi est en feu ; l’exercice chrétien des métiers est de plus en plus difficile ; l’éducation et la scolarisation des enfants est un casse-tête quotidien ; la sainteté du mariage est bafouée à chaque page de la littérature et de la législation… il n’est plus temps de folâtrer, d’entrer dans la vie en dilettante, de jouer avec la loi de Dieu.

Il y a urgence. Il faut dès maintenant se mettre au travail, à deux ou trois s’il le faut pour commencer.

Il y a urgence. Ne perdons pas de temps avec l’accessoire, l’accidentel ou le périphérique. Commençons par les doctrines fondamentales : de la foi catholique, de la royauté de Jésus-Christ, de la doctrine politique et sociale de l’Église (celle des Papes, pas celle des charlatans de tout poil), de l’ordre naturel et de la société.

Voici quelques suggestions de livres pour vous aider à démarrer.

Dieu accessible à tous (Réginald Garrigou-Lagrange, o.p.).
Élaborer un simple exposé des preuves, de telle sorte que le lecteur soit vraiment éclairé et guidé vers un savoir salutaire, requiert d’établir avec grande justesse la valeur de ces preuves et leur certitude, de les bien situer dans la connaissance humaine et en regard de la lumière de la foi : c’est là que notre auteur excelle et que son ouvrage sera des plus utiles, même à ceux qui par la grâce de la foi catholique, confessent de toute leur âme leur Créateur et Rédempteur.
Osons même le dire, c’est à eux que ce livre sera le plus précieux : non seulement – comme on le pense spontanément – pour témoigner de l’existence de Dieu, mais plus encore pour les défendre contre des doctrines de perdition qui voudraient les persuader que la connaissance certaine de l’existence de Dieu est inaccessible à la raison naturelle de l’homme laissée à ses propres forces.

Notre charge apostolique * (saint Pie X, sur le Sillon).
« On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie Non, la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et de la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : Omnia instaurare in Christo (…).
« Si l’on veut arriver à la plus grande somme de bien-être possible pour la société et pour chacun de ses membres par la fraternité ou, comme on dit encore, par la solidarité universelle, il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique, laquelle seule, par conséquent, peut conduire les peuples dans la marche du progrès, vers l’idéal de la civilisation. »

Groupes réducteurs et noyaux dirigeants (Adrien Loubier). La révolution française (et tout ce qui en découle) dans sa violence et sa prétention de reforger l’humanité, est l’aboutissement d’une révolution silencieuse qui a inoculé, répandu et universalisé une forme sociale, dénommée société de pensée par l’historien Augustin Cochin, qui dissout l’ordre naturel de façon indolore et occulte. Toutes les institutions modernes, ou presque, sont rongées par ce cancer. Il est souverainement salutaire et raisonnablement urgent de s’instruire à ce sujet, afin de ne pas s’y laisser prendre. Le livre d’A. Loubier analyse le phénomène avec précision et simplicité.

– Les raisons de la foi (saint Thomas d’Aquin). Le nom de l’auteur est à lui-seul une recommandation. Il se trouve de plus que saint Thomas, avec simplicité et en parcourant des domaines variés, met en grande lumière un des points cruciaux de l’intelligence catholique : les rapports entre la raison naturelle et la foi théologale. Ce qui ne gâte rien, l’édition est abondamment annotée avec une pertinence jamais démentie.

L’éducation chrétienne * (Jean Tonneau, o.p.). Ce petit traité réunit avec bonheur les fondements surnaturels et les exigences naturelles de l’éducation.

À cette nomenclature, on peut ajouter les encycliques des Papes, et d’autres ouvrages ou opuscules comme Le Christ-Roi de dom Jean de Monléon ; De Lamennais à Maritain (Julio Meinvielle) ; Doctrine, prudence et options libres * (Jean Madiran) ; La Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Théotime de Saint-Just) ; La loi naturelle * (Jean Madiran) ; La septième proposition * (Jean Madiran)…

Cette liste n’est pas exhaustive, tant s’en faut… Mais l’important est de commencer, de commencer sans tarder, de commencer sur des bases saines, de commencer l’intelligence au courage et la prière au cœur.

* Nous pouvons vous aider à vous procurer les livres marqués d’une astérisque. Tous sont disponible à la librairie Damase (https://Librairiedamase.com).



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